Mercredi 27 août 2008
En préambule, je citerais un passage des derniers livres de Boris Cyrulnik « de chair et d'âme » : « La pensée paresseuse est une pensée dangereuse puisque, prétendant trouver la cause unique d'une souffrance, elle aboutit à la conclusion logique qu'il suffit de supprimer cette cause, ce qui est rarement vrai.

Ce genre de raisonnement est tenu par ceux qui sont soulagés dès qu'ils trouvent un bouc émissaire : il suffit de le sacrifier pour que tout aille mieux. La pensée du bouc émissaire est souvent sociobiologique : il suffit d'enfermer les tarés ou de les empêcher de se reproduire..... »

C'est une réflexion qui donne à réfléchir...

Rappelons-nous notre histoire de France : quels étaient les boucs émissaires de la dernière guerre ? Cette pensée simpliste et acceptée a entraînée un des plus grand génocide...

Presque dix ans déjà depuis la loi de 99 et est ce que cette loi a-t-elle vraiment répondue aux problèmes des morsures, visiblement non....Car aujourd'hui suite à une médiatisation discutable concernant des accidents regrettables nous sommes confrontés à une loi renforçant par de multiples amendements la discrimination et la catégorisation.

Je me pose une simple question:Qu'est ce qui rend la morsure d'un chien douloureuse, délabrante, mortelle si ce n'est la présence des dents !!!
Et si je proposais une loi qui oblige tous les propriétaires de chiens a faire enlever les dents de leur animal à partir de l'âge de 15 mois et le problème sera résolu...humour noir oui....cynisme oui...absurde oui çà c'est sûr mais pas plus que de réduire la problématique des morsures à une catégorisation, pas plus que de vouloir condamner et tuer des chiens pour délit de sale gueule. (J'utilise sciemment le verbe tuer car le verbe euthanasier est pour ma part une édulcorisation de l'acte venant du grec euthanos qui veut dire endormir,il ne me semble pas que lorsque le praticien ôte la vie à un animal, il l'endorme, il le tue, appelons alors honnêtement « un chat,un chat.. !) .

Qui sont ces proprietaires de chiens mordeurs:

Je ferais abstraction des propriétaires appelés « délinquants » utilisant le chien comme une arme ou à des fins de combat, je ne suis pas formée pour travailler avec ces gens là et en aparté, je pense qu'il serait peut-être intéressant de se poser la question suivante : est ce que tous les propriétaires de chiens de 1er ou de 2eme catégorie doivent-ils être ramenés à des délinquants en puissance ????...

Dans une agression avec morsure, il y a trois êtres vivants ou deux êtres vivants : le chien, le propriétaire du chien, la personne mordue, ou deux êtres vivants le chien et le propriétaire du chien.En posant la question quel est le dénominateur commun dans ce type d'agression, la plupart des réponses sont : le chien. Pourquoi ? simplement parce que c'est lui qui mord.

Moi je vois autre chose et je réponds : le propriétaire du chien, celui que nous appelons communément « le maître », et je vais m'intéresser à elle ou à lui.

La plus grosse moitié de mes consultations en tant que comportementaliste le sont pour agressivité du chien, ou morsures sur un être humain dans la cellule familiale, que cela soit l'enfant ou l'adulte, ou une personne extérieure, comme beaucoup d'entre nous.
En face de moi, je ne vois pas le propriétaire d'un chien qui mord, je vois un être humain en difficulté, la plupart du temps démuni, accablé, consterné, culpabilisé et montré du doigt par la « société », par certains professionnels, par la famille, parfois aussi déresponsabilisé par les croyances des uns et des autres : c'était prévisible, un rott c'est connu, c'est agressif et çà mord etc. etc....

Touché profondément dans son affectif quand la seule aide qu'il trouve est de se heurter à un diagnostic de « chien dangereux » et à la phrase qui anéantie » il faut le piquer, il est potentiellement trop dangereux, vous êtes irresponsable et en plus c'est un bull terrier.... » (là je fais un clin d'œil à Victor et à son propriétaire qui, je sais, Victor qui est toujours vivant et qui n'a  plus jamais mordu depuis plus de un an).

L'être humain en face de moi, la plupart du temps n'a pas de mot pour dire sa souffrance, son impuissance, sa colère, sa tristesse, et sa solitude devant la situation, devant le regard de jugement des « autres » alors la violence fait son apparition, quelque fois intériorisée, souvent extériorisée, la plupart du temps verbale, la responsabilité est portée sur l'autre, c'est pas ma faute, c'est la faute de ce sale « cabot », du voisin qui avait encore bu, de cette gamine hystérique, et mal éduquée (donc faute des parents de la petite fille) qui s'est approchée trop près, trop vite trop brusquement, de la personne âgée qui avait une canne et qui l'a levée, c'est elle qui a menacé mon chien etc.

Mais comment parler de soi quand l'autre a été mordu ? comment verbaliser des sentiments quand dans notre culture, nous avons été muselés depuis l'enfance, coupés de nous mêmes, n'avez vous jamais entendu cela ?, pour les garçons : arrête de pleurer on dirait une fille... pour les filles : arrête de pleurer, t'es bien une pisseuse....ne te mets pas en colère c'est pas bien...pourquoi t'es triste, t'as tout pour être heureux.... et puis arrête de rigoler, tu verras la vie n'est pas drôle tout les jours...arrête de rêver et fait ce que l'on te dit...arrête de t'écouter, t'es trop douillet, il faut se battre pour vivre dans notre société...arrête de pleurer ce n'était qu'un chien....

Déni des émotions, déni des sentiments, déni de la douleur, déni de la souffrance.

Alors comment parler? si ce n'est qu'avec l'aide du professionnel qu'il est venu consulter ? et en finalité pourquoi parler ?

Ce qu'il est nécessaire de comprendre, c'est que lorsque que je reçois un propriétaire de chien confronté à la morsure, je suis devant une personne qui vit un processus semblable au processus de deuil : le deuil d'une relation, le deuil d'une image, le deuil de l'amour donné à un animal.

Ce processus se décompose de la manière suivante :

* le choc  avec la sidération : Certaines personnes décrivent cette sensation comme le fait d'être enveloppé dans un cocon ou d'avancer comme un somnambule

*le déni avec le refus de voir la situation : c'est pas vrai, c'est pas possible, il a juste pincé etc.

*la colère : accusation, culpabilisation, jugement, rejet, dégoût : c'est l'autre....

* l'abattement : fuite, dépression

* le fatalisme avec sa résignation : on a tout essayé etc....

*l'accueil avec l'intégration de la situation, la construction, l'apprentissage, l'anticipation, la projection : ok c'est arrivé, nous prenons conscience de l'événement et nous pouvons faire encore quelque chose....

Ce processus de deuil une fois entamé va systématiquement se faire, par contre l'intensité de chaque "étape" est différente suivant chaque personne. Chacune peut être franchie plus ou moins rapidement, elles se cumulent généralement les unes aux autres et ce processus se complexifie par un phénomène que nous pouvons comparer au "yoyo".

Des sorties sont possibles à chacune des "étapes". Toutefois, lorsque chaque étape n'est pas "bouclée", il est possible que la personne "replonge" plus tard là où elle l'a quittée.

Les propriétaires de chiens viennent vers moi dans une demande de relation d'aide, cette relation d'aide fonde ses principes sur le non jugement, le respect et la confiance dans l'être humain, c'est à dire que la personne à la possibilité de trouver en elle même les ressources nécessaires à la solution de ses problèmes.

En effet actuellement dans notre société tout est pratiquement basé sur une méfiance en la personne. L'individu est vécu comme incapable de choisir des buts qui lui conviennent, aussi doit-on les lui fixer.

Et on doit le guider vers ces buts, car autrement il pourrait s'écarter du chemin choisi, du chemin normaliste. Les enseignants, les parents, notre société développent des procédures pour s'assurer que l'individu progresse vers le but choisi.

Dans notre vie sociale ordinaire, quand « l'autre » a des idées trop différentes des nôtres, il arrive qu'on le trouve déraisonnable, égaré, pour ne pas dire «  un peu fou ». La « mode » est, hélas, plus de savoir convaincre que de savoir comprendre.
La personne est vécue comme un être foncièrement en faute, destructeur, irresponsable ou les trois à la fois. Et cette personne doit constamment être surveillée alors qu'elle demande à être accompagnée.

Un autre caractéristique de la relation d'aide est le fait que je me concentre sur la personne même. Le foyer de l'intervention devient ainsi la personne elle-même et non son problème. Ceci évite à l'écoutant la trop forte tentation d'y apporter des solutions immédiates : faire à la place de l'autre.
Cette façon de se centrer sur la personne lui permet aussi de faire abstraction de sa subjectivité, de ses sentiments personnels ou encore de sa façon de voir le problème : « la carte n'est pas le territoire ».

L'écoutant doit développer sa sensibilité et son humanité. Il devra aussi accepter de s'approcher de l'autre avec un état de « non savoir », humble, afin de le rencontrer vraiment car dans une nouvelle rencontre, il s'agit toujours d'une page vierge à remplir. Les idées préconçues ferment la perception et sont les prémisses de la pensée unique.

Carl Rogers a été le premier psychothérapeute à mettre en lumière le rôle essentiel de la relation dans l'efficacité thérapeutique. Dans des publications parues entre 1940 et 1950, il décrit ce qu'étaient, selon lui, les trois conditions critiques permettant aux thérapeutes de promouvoir l'auto-actualisation de leurs patients :

  • avoir une attitude de compréhension empathique,
  • faire preuve d'une estime positive et sans condition,
  • être en congruence (être en correspondance authentique avec le patient)

Carl Rogers définit ainsi l'empathie : « ...être empathique consiste à percevoir avec justesse le cadre de référence interne de son interlocuteur ainsi que les raisonnements et émotions qui en résultent... C'est-à-dire capter la souffrance ou le plaisir tels qu'ils sont vécus par l'interlocuteur, en percevoir les causes de la même façon que lui... »

Plutôt que de chercher à promouvoir de meilleures méthodes, la recherche nous indique que la clé du succès réside dans l'habileté de l'écoutant à établir une bonne alliance avec son client.

Quelle que soit la méthode, le profil des clients, le problème ou l'étape de changement, l'empathie a un rôle déterminant, et prédominant.

Pourquoi parler...pour la motivation et le changement

Le concept d'empathie est présenté en mettant l'accent sur son rôle déterminant dans la dynamique interpersonnelle de la motivation et du changement :

  • Luborsky et al. (1975) suggèrent que ce sont les facteurs communs non spécifiques présents chez les thérapeutes (chaleur humaine, empathie, qualité de l'alliance, etc.) qui expliquent que les thérapies sont toutes d'égales efficacité.
  • Miller, Taylor & West (1980) suggèrent que le résultat de la thérapie est étroitement corrélé au degré d'empathie exprimée par le thérapeute.
  • Najavits & Strupp (1994) montrent que les thérapeutes efficaces font preuve de chaleur, compréhension et implication, alors que les thérapeutes moins efficaces sont plus à même d'ignorer, de rejeter ou de critiquer les patients.

Un vieux modèle pour promouvoir une nouvelle compréhension :

Yerkes et Dodson ont montré, dès 1908, les conséquences que pouvait l'évolution du niveau d'anxiété sur les performances mentales. Ils obtiennent une courbe en forme de cloche, prouvant qu'à de faibles niveaux de stress et d'anxiété, de même qu'à des niveaux élevés, les fonctions cognitives et la motivation sont peu performantes.

Les capacités d'attention, de concentration, de compréhension, de réflexion et de mémorisation sont réduites. En conséquence, il importe avant même de pouvoir communiquer des informations ou de partager un point de vue, que l'individu soit en mesure de les recevoir.

L'expression d'empathie participe au soulagement de la détresse, et ramène le stress et l'anxiété à un niveau compatible avec un meilleur fonctionnement cognitif.

Quelques exemples de phrases empathiques :

*Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir faire...

 

* Vous éprouvez une frustration par rapport à ...

* Vous ressentez un malaise ... de la rancune ... etc. ...

*vous avez traversé une épreuve particulièrement éprouvante..

Comprendre ce processus de deuil, accompagner chaque étape avec empathie est indispensable pour que le propriétaire du chien puisse accueillir la connaissance de son animal, accueillir le changement, le vivre avec motivation, envie, plaisir, et pouvoir alors concentrer son énergie dans la recherche de ses propres solutions

Je conclue par deux citations, celle d'Einstein qui disait «  on ne règle pas le problème au niveau où il se situe, on travaille toujours au niveau supérieur »
Ce qui est intéressant c'est de se dire alors que le symptôme qui nous est rapporté n'est rien d'autre que la conséquence d'autres comportements en amont.

Nietzche disait quant à lui que «  l'homme est l'animal malade », c'est à dire malade de lui-même.

Si la connaissance et l'apprentissage de l'éthologie, en particulier de celle du chien est indispensable,la connaissance de la psychologie humaine, le mode de fonctionnement de l'être humain et le « décodage » des relations humaines semblent également essentielles.
Les deux sont indiscutablement complémentaires et indissociables pour que nous, professionnels de la relation d'aide, soyons en apprentissage constant, pour le respect des propriétaires de chiens, pour la survie de cette espèce : le chien, ce chien qui tant aimé, adulé est une nouvelle fois jeté à la vindicte sécuritaire d'un état parce que parfois.. parfois.. juste parfois il manifeste le droit d'exister à sa manière, avec son langage.

Françoise Martin




 

Par francoise
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Samedi 23 août 2008

Ceux et celles qui sont venus à la maison ont connus ou aperçus cette chienne anachronique dans ma meute de grands chiens blancs, de format lupoïde, de couleur presque noire avec des bringures : Hambre préfixe Storm Haven. Hambre est un berger hollandais à poils court, je dis encore « est », pourtant Hambre est partie rejoindre les siens le 10 juin 2008, après 16,5 ans de vie à mes cotés. La tristesse, et la douleur émotionnelle ne m'ont pas permis de pouvoir écrire avant. Le processus de deuil s'est inexorablement enclenché, une douleur « douce » fait à présent son apparition.

Si je veux parler d'Hambre ce n'est pas pour étaler sur la place publique un émotionnel type presse people, mais pour parler d'un vécu, un vécu avec un chien particulier, différent.

A l'époque actuelle où la conformité est un modèle social encore de mise, ou l'uniformisation semble être le credo national, ou le canular grotesque des lois sur les chiens dangereux voté sur un fond d'émotionnel médiatisé met au pilori nos compagnons de chaque instant, dans cette époque actuelle, Hambre serait alors passée entre les mains de soi-disant experts du comportement, intellos des grilles d'évaluation pour finir sa vie sous la pression de la solution finale, cataloguée comme chien dangereux....

Dans notre culture judéo-chrétienne, lorsqu'un de nos proches disparaît nous avons pour coutume que les homélies rendues soient des panégyriques de vertus, encensant l'être disparu sous une tonne de merveilleux, individu exemplaire se parant de milles qualités, comme si nous voulions par ce moyen exorciser la mort, nous la rendant plus supportable, plus acceptable, les chiens quant à eux n'y échappent pas, et pourtant....

Et pourtant...oui, Hambre était potentiellement dangereuse, difficile, compliquée, ne supportant la présence d'aucun enfant, ayant à son actif avant l'âge de 1 an quelques morsures sur des bambins un peu trop agités, l'adulte quant à lui a peine toléré, estimant également que ces congénères ne devaient pas l'approcher à moins de 5 mètres, et que les chiots ne pouvaient être intéressants que sous ses crocs affûtés.

Que de remarques, de solutions et de conseils à l'emporte pièce j'ai du entendre, allant du chien dominant qu'il fallait « mater » par la violence, le collier électrique et j'en passe au chien irrécupérable qu'il fallait tuer.

J'ai refusé d'écouter, d'écouter tous ces gens férus de comportement qui analysaient le pourquoi d'un tel comportement agressif mettant en avant la responsabilité d'un éleveur incompétent, la carence de sa mère, la génétique de son père, l'incompétence de sa propriétaire (moi) sic !!

J'ai refusé d'écouter parce que je me suis noyée dans le regard d'Hambre, ce regard où le fond est inaccessible, ce regard si particulier qui vous donne l'impression que vous seul existez, que le monde autour de vous s'est arrêté, vous enveloppant dans une parenthèse d'intimité que pour rien au monde vous ne souhaitez briser, moment intemporel qui vous submerge et dont vous ne sortez qu'avec une certitude, celle de vivre le plus longtemps ensemble.
Alors au lieu de chercher à répondre au pourquoi, je me suis posée la question du comment. Acceptant sa problématique comme un handicap, le « comment vivre avec un chien cabossé de la tête... » est devenu ma réflexion quotidienne.

Nous avons ensemble avancées dans la vie, mètre par mètre, apprenant à nous connaître mutuellement moi en acceptant et anticipant ses craintes, ses peurs phobiques, ses terreurs du monde extérieur, elle en m'apprenant l'observation, la vigilance, la patience et le respect pour sa différence.
Cela n'a pas été toujours facile pour nous deux, j'ai souvent baissé les bras, fatiguée par une vigilance de presque chaque instant, elle souvent anéantie par ces terreurs qui engendrent ce regard qui « vire », ce regard de fou que certains propriétaires connaissent bien.

Notre binôme si particulier, chacune servant de béquille à l'autre ( !!!),  a fait le tour de France à deux ans et demi Hambre était championne de France, Vice championne du Monde, à quatre ans elle avait atteint le plus niveau de la discipline de recherche de personne égarée en France, elle reste à ce jour la seule femelle berger hollandais a avoir obtenue cette distinction. (quel sens devons-nous donner alors à l'exposition de beauté, et aux disciplines de travail ???!!!!)

Au fil du temps, Pilou (son surnom...) est devenue un peu plus stable, un peu plus posée, un peu plus tolérante aux agressions extérieures, restant quand même potentiellement mordeuse, la vigilance et l'observation aiguisées sont devenues une seconde nature pour moi.
Nous nous sommes rarement quittées, les années ont passées, les poils blancs sont venus envahir sa tête, le gris est venu soupoudrer la mienne !!!!! la vieillesse a fait son œuvre, perturbant un peu plus son cerveau, nécessitant de la faire dormir près de mon lit, pour pouvoir la rassurer la nuit lorsqu'elle perdait ses repères spatiaux.

Et puis une dernière fois, je me suis noyée dans son regard devenu opaque et flou comme ceux de tous les grands vieillards, lui disant adieu et la rassurant une dernière fois pendant que le produit artificiel des hommes allait faire son office abrégeant ses souffrances de très vieux chien.

Et je me sens, aujourd'hui, tout simplement amputée.....

Oui nous pouvons vivre avec un chien différent, difficile, compliqué à condition de vouloir se poser les bonnes questions et de vouloir y répondre honnêtement en regardant au fond de soi :

Qu'est-ce que l'on veut vraiment ?

Quelles sont nos véritables responsabilités quand nous vivons avec un animal, être vivant captif de nos désirs ?

Qu'au lieu de l'éternel question pourquoi ? nous puissions nous dire : comment pouvons-nous vivre le mieux possible avec ?

Et si nous laissions parler les sentiments en se disant : qu'est ce que ferait l'amour vraiment ?

Est-ce que nous allons enfin comprendre que derrière presque chaque agressivité, il y a que des peurs ? (ce qui est d'ailleurs assez similaire chez l'être humain), et qu'il ne s'agit pas de dominant dominé, schéma obsolète totalement erroné, inventé de toute pièce pour satisfaire le pouvoir et l'égo démesuré de l'être humain, autosatisfaction de sa médiocrité.

Françoise Martin

Hambre est en photo sur le site du comportement: http://www.francoisemartin.com






 

 

 

Par francoise
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Mercredi 6 août 2008

L'existence de cet espace de liberté qui commence à faire un grand tour de piste (merci à vous tous) en fait rire plus d'un, et fait grincer les dents des autres, en tout cas il ne laisse pas indifférent...

Je ne pensais pas écrire aussi vite, cependant suite aux demandes implicites des grinceurs de dents...et de ceux qui se tapent sur le ventre, je ne résiste pas au fait de faire plaisir.... Avant de partir pour quelques jours loin de l'agitation humaine...

Ce week end, réunion de la « grande famille » des bergers de l'est et italiens dans le cadre de sa nationale d'élevage. Grande utopie que la grande famille de la cynophilie, comme de la grande famille du sport, utopie ou vérité : cela dépend dans quelle vision nous voyons la famille, du coté biblique ou du coté psychanalytique, de ce coté la famille est le berceau et le réceptacle d'une des plus grande partie des « maux » humains....

L'édito de cette journée nous emmène dans des considérations de sélection, d'étude, et de convivialité entre concurrents, si j'ai pu apprécier la convivialité de mes amies(s) que je n'avais pas vu depuis des lustres, je dois dire que j'ai pu observer aussi le comportement de celui ou celle dont les dents rayent le parquet, de celui ou celle qui veut devenir le calife à la place du calife,de celui ou celle qui surtout ne veut pas perdre sa place de calife, et qui après réflexion deviendrait bien le super calife, et le super calife qui (elle ou lui) déambule avec un aréopage à ses cotés...cour de serviles qui récupèrent avec précipitation les quelques miettes jetées négligemment, les prenant, quelle erreur, pour de la considération....

Hypocrisie presque totale d'une soit disant convivialité entre humains, où l'intérêt des enjeux semblent colossal quand on observe les visages crispés ou si concentrés pendant la présentation des animaux... Un premier, un deuxième, et un dernier...il ne peut pas y avoir de convivialité sur un ring quand il y a un classement, classement engendre compétition, qui dit compétition dit peut-être courtoisie mais pas convivialité....

Le choc des éleveurs fait un bruit titanesque, mais qui l'entend vraiment ce tsunami souterrain ???

Dix chiens d'un même éleveur d'un coté, dix chiens d'un autre éleveur, et deux chiens qui se sont perdus dans cet affrontement....résultat : l'éternel Poulidor repartira comme d'hab....le sourire aux lèvres...ayant compris depuis fort longtemps que nul n'est prophète en son pays...le Roi Soleil a de belles années devant lui...la cour française lui déroule comme d'habitude son tapis rouge de servitudes....

Petit choc sur un autre ring : 5 chiens d'un même éleveur, cinq d'un autre et deux chiens qui se perdent un peu, là une petite différence si les éleveurs sont différents, l'origine des animaux viennent pratiquement que d'un seul....le calife à la place du calife a alors toute sa vérité....et il se démène dur ce grignoteur de calife, agite ses petits pieds depuis quelques années, courant partout d'expositions en expositions, si le calife s'était endormi depuis quelque temps....il n'était pas mort....dommage..il va falloir compter encore avec lui.., lui qui rigole sous cape se rappelant une très vieille chanson qui disait «  et le matou revient deux jours après, le matou est toujours vivant », se tapant le ventre de cette bonne blague qu'il joue...ayant pris conscience ,lui, depuis fort longtemps qu'après sa mort nul ne se rappellera qui il était... qui se souvient de Mr Bédel et sa fabuleuse sélection en Boston terrier, que se souvient de l'affixe de l'Escurial et son travail de sélection en Cavalier king Charles, qui se souvient de Marie Noelle et son fabuleux feeling de sélection en Golden Retriever ( sa disparition est encore récente, alors peut-être...)

Et le chien dans tout ce bazard....oups....oublié....le spectacle s'est trompé de vedette. Décortiqué dans tous les sens, il devient alors soit une énumération de défauts, soit un ensemble de qualité, jeté en pâture aux yeux soi-disant experts de personnages pour qui il est indispensable d'avoir de la considération si l'on veut briller sous les feux de la rampe.....

Besoin de reconnaissance.. besoin du regard des autres....et si l'exposition n'était en réalité qu'un symptôme du mal-être de l'être humain ????

Et si le symptôme n'était que métaphore, que l'on veuille ou non se le dire ? disait Lacan ?

Françoise Martin

Par francoise
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Jeudi 31 juillet 2008

Depuis de nombreuses années, je suis confrontée en tant qu'éleveuse à des réactions quelques fois très violentes de la part d'interlocuteurs via le téléphone ou par mail sur le prix de mes chiots : houlà c'est bien trop cher....et ben vous avez une portée de 8 bbs, vous gagnez bien votre vie.... J'ai même eu « et ben vous, vous faites pas l'amour à l'œil » oui je sais je vois pas trop le rapport avec « l'histoire de l'œil !!! »... cependant la réalité est là, nous sommes nous éleveurs de plus en plus agressés verbalement concernant le prix de nos chiots.

Alors j'en ai marre d'entendre dire que nous nous faisons des « c.... » énormes sur le dos de nos chiots.

Alors j'en ai marre d'être prise pour un « marchand de tapis » avec qui on discute le bout de gras : « je vous paye en liquide, c'est moins cher ?? » » J'en ai trouvé ailleurs 200 euros de moins, vous me faites le même prix, car je veux quand même un chien de chez vous ! » « Je vous paye en une fois, vous pouvez bien me faire une ristourne.... » » Et ben moi je trouve que c'est vraiment très cher, j'ai prévu de partir en vacances alors est ce que je peux vous payer en 10 fois... »oui vous lisez bien, j'ai déjà eu cette réflexion !! Et aussi cela « Vous en avez pas en solde...? » là je dois que je suis restée sans réponse pendant quelques secondes, juste quelques secondes.... » « Et si je vous en prend deux, vous faites un prix ???? » Et le top récemment « je suis éleveuse de chiens non lof, (du bouvier bernois, si mon souvenir est exact), je veux me lancer dans « le podhale » !!!, (comme si on se lançais dans une race...), je veux un mâle  vous faites des prix pour les éleveurs... !!! (Visiblement le pedigree, elle s'en fout...compatible ou pas avec celui de ses femelles qu'elle a déjà acheté ailleurs, c'est pas son problème !!)

Alors j'en ai marre d'être obligée de rester courtoise, parce que malgré le fait que je vis depuis trente ans avec des chiens, je garde un minimum d'éducation et de respect, moi, envers mes « congénères » !

Alors je vais vous expliquer à quoi correspond le prix d'un chiot car sur le fond, est ce que vous savez vraiment ce que représente le prix d'un chiot lof né en France ? (Je ne vous parle pas des importations diverses et variées, cela sera le sujet d'un autre article).

Un petit cours de comptabilité et je suis sûr que vous ferez un rapide calcul de ce que gagne un éleveur vraiment....et peut-être qu'après cela, et « bien on me lâchera », oui je sais c'est pas très correct mais tant pis, on me lâchera, moi Françoise Martin quand je vais annoncer le prix de mes chiots et on réfléchira peut-être aux questions que je pose : sur quoi vous basez-vous pour estimer que le prix d'un chiot est cher ? Quelle est la valeur que vous donnez à l'argent ? Qu'est qui est cher et pas cher ? Est ce que le prix final de vos vacances est cher..... ?

Vous êtes prêts....allons y ....

A savoir que ces calculs ont valables pour des chiots qui vont atteindre à l'âge adulte environ 40-45klgs pour les femelles et 50-55klgs pour les mâles, et que le prix de ces chiots est normalement sur une fourchette de 1000 à 1100 euros, que je ne prends pas en compte les frais d'électricité et de chauffage pour une portée, que je ne prend pas compte l'investissement exposition pour les parents, et que je pars du postulat que la mise bas se fait normalement sans césarienne, et sans autres problèmes inhérents à une pathologie quelque conque !!!, et enfin que le chiot rejoint sa famille vers l'âge d'environ 2 mois. Que l'aliment utilisé est un premium de haute qualité et qu'enfin les frais de cotisations pour un professionnel ne sont pas pris en compte, ni les frais d'entretien de la structure, ni les impôts, ni les frais de comptabilité etc....

C'est parti:

Les frais de vaccinations : 40 euros par chiot

Les frais de puce électronique : 50 euros par chiot

Alimentation du chiot avec aliment de qualité de 0 à 2 mois : 150 euros par chiot

Certification naissance : 21 euros par chiot

Achat de le mère et son entretien  jusqu'à 24 mois (prenant en compte l'alimentation, les vaccinations, la confirmation, les recherches basiques de tares héréditaires) : 2800 euros soit 350 euros par chiots si 8 chiots

Achat et entretien male jusqu'à 15 mois: 2400 euros soit 300 euros

Si nous partons sur la base d'une portée moyenne de 8 chiots, nous arrivons à la somme totale de 911 euros de FRAIS par chiot pour une première portée.

Si vous n'avez pas le mâle à la maison, le prix de saillie est d'environ 1000 euros et vous devez rajouter les frais d'essence, les frais vétérinaire et les frais d'hôtel pour faire saillir la chienne sur plusieurs jours.

Pour une 2eme portée, les frais sont alors un peu moins importants puisque l'investissement financier d'achat de la chienne et du mâle est à déduire, cependant nous restons sur une fourchette de frais d'environ 800 euros par chiots.

A prendre en compte, bien sûr : si nous avons plusieurs femelles, les frais du mâles sont à diviser sur le nombre de chiots par femelles.

Je vous précise quand même qu'à ce niveau là de frais, l'éleveur n'est toujours pas rémunéré......que le temps passé à mettre au monde, socialiser, bichonner vos futurs compagnons de votre vie n'est pas comptabilisé !!!

Je sens que vous restez ébahis...heu moi aussi !!! Cela faisait longtemps que je n'avais pas refais ce calcul, et je dois dire qu'avec la hausse des tarifs des croquettes cela change un peu la donne !!

Ah, petite précision : si le chiot rejoint les familles après l'âge de 2,5 mois, il coûtera à l'élevage environ 100 euros par mois resté .....et pourtant plus il passe du temps à l'élevage moins il coûte cher à la vente....pourquoi ???

Et la dernière : je vends mes chiots moins chers actuellement qu'il y a 10 ans....

Alors vous allez me dire peut-être, « mais comment vivez-vous ? » et bien il est nécessaire de savoir que les l'éleveurs, qui n'ont pas les primes des agriculteurs, bien qu'ils cotisent à la MSA... sont pour la plupart en surendettement, qu'ils jouent avec les prêts revolving, qu'ils discutent le bout de gras avec les banquiers, qu'ils font pour certains de « la quantité », qu'ils rajoutent des pensions canines dont les investissements sont très importants, quelques fois il y a un des conjoints qui travaillent à l'extérieur et qui « ramène » un salaire de secours.

Et puis il y a ceux qui ne peuvent plus boucler les fins de mois, il y a ceux dont les cheptels sont saisis, car les chiens sont encore des biens meubles, il y a ceux qui arrêtent avant la catastrophe et qui vendent ou donnent les cheptels, et puis il y a ceux qui se suicident parce que trop c'est trop.....Mais çà on n'en parlent jamais, la souffrance des éleveurs c'est tabou, cela ne fait pas la une des journaux, ce n'est pas « vendeur » l'éleveur de chiens qui s'endort à jamais....oui je sais je plombe un peu l'atmosphère...je ne suis pas toujours très drôle ou alors mon humour peut-être très cynique.....

Vous avez toujours envie de marchander...vous avez toujours envie de dire que nos chiots sont trop chers... vous avez toujours envie de dire que nous nous faisons des « c... » en or sur le dos de nos chiens....Vous voulez encore discuter le bout de gras.....

Vous comprenez pourquoi je râle contre les élevages soi disant « familiaux »....

Alors vous allez peut-être me dire « mais pourquoi continuez-vous ? » et je vous répond « par passion du chien, et parce qu'il y a une donnée inestimable que l'on ne prend pas en compte, la liberté...la liberté malgré les contraintes, la qualité de vie...la qualité de vie dehors, en écoutant les oiseaux qui découvrent le levé du soleil, en regardant les feuilles pousser sur les arbres au printemps, et celles qui tombent en automne, en écoutant leur bruissement quand Maître Vent se lève, les premiers frimas, le premier givre qui craque sous les pieds.......

Fermez les yeux....retrouvez les souvenirs de votre enfance....laissez remonter en vous les odeurs de l'herbe fraîchement mouillée et vous comprendrez peut-être pourquoi  je continue.....


Françoise Martin

 

 

Par francoise
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Dimanche 15 juin 2008
Connaissez vous un boucher amateur, un plombier amateur, un électricien amateur, moi personnellement non....la seule chose que je connaisse c'est le bricoleur du "dimanche", vous savez celui qui a le don le dimanche matin d'utiliser vers 9h 9h30, parce que c'est l'heure d'être debout..., la perçeuse qui va bien vous vriller les oreilles et vous permettre de démarrer une super journée...
Et bien dans le domaine de l'élevage nous voyons régulierement fleurir dans les petites annonces les termes d'élevage familial, ou élevage amateur en opposition à l'élevage professionnel. Ces termes semblent en plus auréolés d'une échelle de valeur, comme si l'elevage amateur c'etait "bien" et l'élevage professionnel " bouh pas bon!!".
Les arguments réguliers que nous entendons de l'éleveur amateur sont nombreux, alors en vrac il y a :
moi j'aime mes chiens.....ce qui laisse sous entendre que le professionnel non....cependant comment ne pas aimer les chiens quand nous passons 10 heures de notre journée avec eux.....mystère...
je fais une portée mais je ne fais pas d'argent...ah bon parce que chez les "amateurs" les chiots sont gratuits??? jamais vu ou je ne regarde pas au bon endroit car la plupart du temps les chiots sont aussi chèrs que chez un "professionnel"....au fait que fait "l'amateur" de l'argent perçu.....quelles charges exactes a-t-il ???
Je fais une portée pour faire plaisir à ma chienne...c'est sûr elle est super consciente la chienne, c'est elle qui le demande.....à qui vraiment cela fait plaisir???
Je fais une portée parce que le véterinaire a dit que pour que la chienne soit bien dans sa tête il fallait qu'elle ait une portée...il a bon dos le vétérinaire..ou alors il a pas revisé sa copie depuis longtemps....
Etc etc...et puis j'entends dire: chez l'eleveur amateur les chiots sont mieux socialisés...ok cependant si l'eleveur est amateur, generalement il a un métier, qui lui n'est pas un métier "amateur" donc avec des horaires, la plupart du temps,des horaires de bureau alors quand il s'occupe des chiots???? le soir après 19h30???
Car si les quinzes premiers jours sont cools, et encore quand tout se passe bien, et que la mise bas n'a pas générée de probleme et bien apres c'est un peu plus compliqué...

Et puis, il y a l'éléveur amateur qui fait une portée tous les 2 ou 3 ans,
Et puis il y a l'éleveur amateur qui fait une portée tous les ans, voir deux portées par an car en jouant sur les dates, il peut alors ne pas etre déclaré légalement....alors qu'il a 3,4, voir 9 chiennes....
Et puis il y a l'éleveur amateur qui fait porter sa chienne de grande race avant l'âge de 2 ans, alors que nous savons très bien que le mental d'une chienne arrive à maturité pas avant l'âge de plus de 24 mois...la justification suprême est " elle a eu ses troisiemes chaleurs..le véto a dit que...."ce pauvre véto porte toutes  responsabilités!!!! super....mais je ne vois pas le rapport entre la maturité sexuelle et la maturité mentale.....
C'est comme si une gamine de 12 ans avait un bb, oui c'est faisable: maturité sexuelle...mais au niveau éducation , responsabilité : maturité mentale....
La vrai justification ne serait-elle pas l'intérêt financier????? surtout pas...oh la on ne parle pas d'argent à ce type d'amateur.....
 
Alors c'est quoi un professionnel :un professionnel c'est delui ou celle qui a un n° de siret, qui déclare aux impôts ses rentrées d'argent, qui cotise, et souvent très cher à la mutuelle sociale agricole, qui a des installations en conformité avec une législation de plus en plus stricte, qui a un certificat de capacité.
C'est quelqu'un qui est là en permanence avec ses chiens, qui se leve toutes les nuits qui précédent l'éminence de la mise bas pour que la chienne fasse ses petits en toute sécurité, qui se leve toutes les nuits pendant plus d'une semaine pour voir si tout ce passe bien, et puis qui va passer du temps, bcp de temps avec la portée pour la socialiser en toute conscience.
Un professionnel, c'est celui ou celle qui a des connaissances, un savoir, un savoir-faire, la plupart connaissent parfaitement leurs lignées, savent exactement pourquoi ils font tel ou tel accouplement (je parle de chiens lof, bien sûr), souvent c'est celui ou celle qui va faire des centaines de kilometres pour trouver le bon mâle...car faire une saillie réflechie cela demande de la disponibilité....
J'entends encore dire : le professionnel, il fais de l'argent lui, toujours le même probleme, l'argent, et bien honnetement connaissez vous des éleveurs qui sont riches d'argent, moi non, la plupart comme on dit "tirent la ficelle", s'ils sont riches, c'est de leurs connaissances quelque fois tres pointues, la plupart s'ils sont riches c'est de leur humilité...les grands éleveurs de chiens de race, vous n'en entendez pas souvent parler, vous connaissez leur nom d'élevage oui , cependant souvent vous les connaissez même pas, eux...

Alors oui comme dans tous les métiers, et parce que l'élevage est un métier, il y a d'excellents professionnels et d'autres qui le sont moins, voir pas du tout comme il existe de réels excellents amateurs, je n'en doute pas mais de grâce j'aimerais ne jamais plus lire dans les divers forums qui fleurissent sur la toile certaines phrases comme "n'allez pas chez les professionnels ce sont des marchands de chiens", les marchands de chiens ce sont les animaleries point barre....j'aimerais ne plus entendre ce que j'entends regulierement par certains de mes collegues comportementalistes " votre chien a un "trouble du comportement", il vient de chez un professionnel??? oui ...alors c'est "normal"!!!!..il a été mal socialisé...mais que connaissent-ils vraiment à l'élevage ces soit-disant théoriciens de la relation.....
C'est à vous futurs acheteurs de chiots de vous responsabiliser, vous voulez un chiot alors déplacez vous chez l'éleveur ou l'éleveuse, allez les voir, discutez avec eux, regardez comment vivent les chiens, tissez un climat de confiance, et la plupart du temps vous aurez à faire à des gens honnetes, pas à de vulgaires "marchands de chiens"...
Prenez du temps, vous allez vivre avec un être vivant pendant plus de 10 ans, cela vaut certainement la peine de prendre quelques instants de votre vie pour faire le bon choix, cela vaut certainement la peine de faire quelques centaines de kilometres pour aller chercher la petite boule de poils qui vous donnera tellement de plaisir dans les années futures au lieu de se la faire livrer comme un vulgaire paquet de lessive....
Vous avez le temps de perdre du temps dans les bouchons pour partir en vacances, alors prenez le temps de choisir votre éleveur et votre futur chiot.

Françoise Martin
Par francoise
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Jeudi 12 juin 2008
Comme quoi il est si facile de bluffler un neophyte en chien....je connaissais l'appelation "lignées de travail" je connaissais l'appellation "lignée de beauté" mais je dois dire que je ne connaissais pas les "lignées de famille!!", 20 ans que j'eleve, et je suis passée à coté de cette sélection!!!"
Comme il existe le gêne "yeux bleus" chez l'être humain, il existerait le "gêne famille" chez le chien, incroyable, je suis sûr que nos généticiens vétérinaires qui planchent sur le gênome du chien depuis de longues années vont être très interressés par cette nouvelle hallucinante. Applaudissements pour cette éleveuse de chien qui utilise cet argument pour vendre ces chiots, dommage que ces connaissances soient visiblement empreintes de science-fiction..........
La même éleveuse à la question: et pour l'éducation? répond "c'est une race qui s'éduque toute seule, il y a rien à faire.....Après le programme "Gêne de famille", la même éléveuse a mis en évidence le programme "Intelligence Artificielle", le chiot sait en naissant le programme "assis, debout,couché, marche en laisse"....La science fiction serait vraiment la culture de fond de cette éléveuse....Et pour finir à la question: "et avec les enfants?" l'éleveuse répond: il n'y a aucun probléme, ils adorent les enfants, ils sont particulierement attirés par eux...ben voyons mais c'est bien sûr, je suis bouchée puisque ses chiots ont le "gêne de la famille"!!c'est normal qu'ils supportent les doigts dans les yeux, le tirage de la queue, des poils, les menottes de bébé dans leurs gamelles sans rien dire.......puisqu'ils sont programmés par cette super éléveuse qui maîtrise à fond les transmissions génétiques imaginaires...........
Et cela ferait 10 ans que cette éleveuse sélectionne...ouah et ben dans quelques années elle mettra au monde des chiots qui se sortiront tous seuls pour faire leur besoin, iront chercher leur croquettes, feront le menage, la lessive, le repassage...Genial....au fait savez -vous qu'un chiot est un être vivant, porteur d'émotion, sensible à la douleur, au stress, non??? ah ON ne vous en a pas parlé.....dommage.....
Ah j'oubliais, l'argument de taille pour finir de ferrer le futur acheteur déjà conquis: l'éleveuse explique qu'elle "fait" de la "présocialisation" alors là chapeau bas!!!!! je connaissais l'empreinte,la socialisation, la sociabilisation, mais alors la présocialisation...inconnue au bataillon, sachant qu'actuellement les derniers courants de pensées mettent en doute l'exactitude de ces termes....la présocialisation alors c'est quoi?? et ben c'est le passage de cd de bruits, super...çà fait 15 ans que cela existe, et avec le recul que nous avons maintenant, nous sommes même pas sûr de l'efficacité de ces bruitages qui seraient peut être générateur de stress important car utilisés au mauvais moment du developpement des connexions nerveuses du chiot....
Et pour finir en beauté, le nerf de la guerre comme on dit: l'argent...le prix du chiot justifié bien sur par le programme Gêne de famille, l'intelligence artificielle, la presocialisation, et...... la radiographie des hanches des parents!! là c'est pareil il faut que cette éleveuse m'explique le rapport mais bon visiblement mes connaissances sont limitées...!!!! et bien sûr la proposition qui pratiquement clôture la vente: le fractionnement du paiement, argument de taille: vous pouvez payer en 6 fois....super...seulement le probleme c'est que c'est illégal, la loi autorise le fractionnement en 3 fois, au delà c'est une infraction punisable par la législation....mais peut-être que dans le monde fictif de cette éleveuse, les lois n'existent pas...

J'avais dis "coup de gueule" en voila un, les autres vont suivre....20 ans que j'éleve, 30 ans que je vis avec des meutes..j'en ai marre des con... que j'entends. Le chiot, le chien est un être vivant, ce n'est pas un produit de consommation...l'éleveur est censé apporter les connaissances d'un professionnel, pas les affabulations d'un "maquignon"....

Françoise Martin

Par francoise
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Lundi 9 juin 2008

 

La dominance n'est pas la solution, la violence n'est pas la solution, frapper, hurler, donner des coups de pied, de bâtons n'est pas la solution, le chien est un individu avec des peurs, des emotions, des ressentis ce n'est pas l'animal-machine insensible de Descartes........

La plupart des problèmes d'agressivité rencontrés dans la relation être humain/chien vient pour la plupart d'une méconnaissance totale du comportement de ce dernier, de son monde de fonctionnement, de ce qu'il ressent, de sa propre perception des situations.
La place du chien, dans notre société, a beaucoup évolué au fil du temps, il fait maintenant partie intégrante de la cellule familiale, sa part d'animalité est de moins en moins tolérée, il doit supporter, l'ennui et la solitude sans destruction, le stress, l'angoisse des êtres humains, les hurlements, et l'agitation des enfants, les abus de pouvoir des uns et des autres, le manque de respect concernant son tapis, sa panière, sa gamelle etc....
De plus en plus « humanisé » dans notre société, il a maintenant son parfum, son manteau, sa laisse, son collier assorti à nos vêtements, ses instituts de beauté, ses restaurants, ses hôtels, il reste pourtant toujours un chien, avec ses codes de langage de chien, son comportement de chien, alors parce que c'est toujours un chien, n'oublions pas que c'est un animal et qu'il peut devenir menaçant voir dangereux.

Le chien menaçant est un chien dont, quand la séquence comportementale est complète, va dans un premier temps grogner, puis va montrer les dents, puis va mordre en dernier recours.

La première chose que j'entends, que je lis et qui malheureusement perdure depuis des années comme ânerie récurrente quand on me parle de chien menaçant c'est toujours « le chien grogne, il est dominant, le chien montre les dents, il est dominant, le chien mords ou a mordu, il est dominant ». Cela ne veut rien dire : nous ne  pouvons pas parler de chien dominant dans l'absolu, un chien devient leader dans une circonstance donnée mais dans un autre endroit, à d'autres moments de sa vie, dans un autre groupe social il peut tout à fait se montrer différent. Tout est relatif et varie en fonction de l'environnement de l'animal. Ainsi le chien le plus soumis d'une portée peut montrer des signes de prise de pouvoir et devenir problématique. Dans une famille ce sont toujours les maîtres eux-mêmes qui placent le chien en situation de leader, le plus souvent sans s'en rendre compte.

En effet, le même chien, nous le changeons de contexte, de cellule familiale, de cadre, de structure, son comportement devient alors différent.

Depuis tout temps, nous mélangons les notions de hiérarchie, d'autorité, et de dominance.

La hierarchie est le résultat d'une coopération et non pas de contrainte, d'un accord mutuel fait de respect, et de confiance, de sécurité, on devient un leader quand les autres nous ont reconnus, acceptés comme celui qui présente les meilleures capacités de dirigeant.

L'autorité, c'est d'être calme, juste, clair et constant.

La dominance, sous-entend interdits, contraintes, affirmations physiques de pouvoir, violences.

Et si les menaces de ce chien n'avaient pas comme finalité en soi, «  je suis dominant donc je menace », mais si c'etait un appel, « je menace parce que la situation dans laquelle je suis me fait peur, le danger que je perçois est trop proche de moi »......

Le chien menaçant est un chien qui a trois options : fuir, se figer ou lutter, ceci en fonction du chien et de sa personnalité, de la situation, et de l'environnement.
Concernant le grognement, les maîtres le perçoivent, la plupart du temps, comme une rébellion, ou un refus d'autorité.
Souvent les conseils donnés au niveau de ce premier stade, sont soit de crier, de le disputer, soit de le frapper, et pourtant ce grognement n'est qu'un mode de communication qui signifie « éloignez vous", il signale simplement que le chien est en proie à une violente émotion négative.
La question qu'il faut se poser est alors : pourquoi alors la distance lui semble-t-elle être la seule réponse adaptée à la situation? tout simplement parce que dans cette situation là, il y a eu peut-être à un moment donné une erreur de communication et de confiance et cela n'est pas obligatoirement un problème d'éducation ou de hierarchie.
Ce qui est sur c'est qu'en essayant de faire taire le chien on ne supprimera pas cette émotion négative. Répondre au grognement par une agressivité dirigée vers le chien, c'est un manquement aux règles de savoir-vivre chez le chien, rentrer en conflit n'engendra qu'un conflit supérieur le chien ne retiendra qu'une seule chose, c'est qu'il ne faut pas grogner, de ce fait il supprimera, par la suite, le grognement et passera à l'action directe soit la morsure.
Tous les chiens peuvent mordre, du golden retriever, au caniche en passant par le rottweiller, et le bichon maltais, la seule différence est la puissance de la morsure, Il n'existent ni de chiens gentils, ni de chiens méchants, l'agressivité fait partie intégrante des fonctions comportementales de toutes les espèces animales, les chiens ne mordent que parce qu'on dépasse leurs limites, leur seuil de tolérance, la menace qu'ils perçoivent se prolonge malgré leur avertissement.

Alors que faire devant un chien menaçant dans la cellule familiale ?

Le premier conseil est de surtout ne jamais rentrer dans le conflit, cris, contraintes physiques, violences n'ajouteront que confusion et renforcera le chien dans sa raison de se sentir menacé. Bannissez une fois pour toute la violence.

Oublions la punition, la punition n'existe pas chez les chiens, ils ne peuvent pas la comprendre, ils n'intègrent qu'une seule chose : c'est qu'ils ne doivent pas faire confiance en l'être humain. La punition n'a qu'une utilité : servir de défoulement à l'être humain.

Des deux, de l'être humain et du chien, c'est l'être humain le plus intelligent, c'est donc à lui à réfléchir et à essayer de comprendre ce qui se passe.

Le deuxième conseil est d'observer intelligemment et objectivement, se poser les bonnes questions : dans quelles circonstances le chien grogne ? quel est le déclencheur ? est-ce dans le cadre de la manipulation du chien, de l'approche de son panier, de l'approche d'enfants, de l'approche de certaines personnes, dans un lieu particulier, ou bien est ce quant il est en laisse etc..

Le troisième conseil est de déterminer le seuil de tolérance, à combien de mètres le chien commence à réagir, ceci pour prévenir et anticiper la problématique, afin que la situation ne se reproduise pas, ou tout du moins n'évolue pas vers une finalité totalement invivable.

Le quatrième conseil est de déterminer s'il y a une insécurité hiérarchique du chien dans la cellule familiale en se posant également les bonnes questions : sommes-nous toujours constants dans nos demandes, malgré la fatigue, le travail, est ce que dans certaines situations, c'est le chien qui décide, alors que dans d'autres, ce sont nous, les êtres humains qui imposeront ?

Une situation non structurée, non constante va perturber le chien car il ne comprendras pas pourquoi dans certaines situations, c'est lui décide, et à d'autres moments ces décisions sont contestées.
Il ne s'agit pas de contraindre le chien à une obéissance robotisée, il s'agit simplement que le maître redevienne le décideur de toutes actions du chien en étant juste, respectueux et constant dans ces demandes.

Il est évident que pour un propriétaire de chien menaçant, il est très difficile d'être objectif, trop dans la situation, il a peu de recul pour analyser ce qu'il se passe réellement, son affectif est touché, le premier conseil doit être impérativement mis en place. Cependant,quelque que soit le stade de la menace, il est indispensable que les propriétaires de chiens menaçants consultent même s'il ne s'agit que d'un seul grognement.
Les comportementalistes, tout du moins ceux qui sont correctement formés, sont des professionnels compétents qui sont là pour aider à mettre en place une relation optimum entre l'être humain/chiens et l'harmonie dans la cellule familiale.

Françoise Martin

 

 

 




Par francoise
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